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Publié par SNUDI FO 95

intervention d'Hubert Raguin au congrès confédéral FO à Tours (3 février 2015)

Je vous apporte le salut fraternel de la fédération de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle.
Nous sommes tous conscients de l’importance de ce congrès.
Il ne s’agit pas de répondre à l’injonction du président de la République qui demandait aux organisations syndicales d’être à la hauteur de la situation mais de répondre à la demande des salariés qui nous demandent comme organisation syndicale d’être à la hauteur pour la défense des revendications.
Le président de la République a présenté ses voeux à ce qu’il appelle « la communauté éducative ». Le président de la République a réaffirmé que l’école est une priorité.
La vérité c’est que les postes manquent, que des postes sont fermés, que des classes et des établissements ferment, que les salaires sont bloqués, que le gouvernement impose la régionalisation et la territorialisation de l’école notamment par la réforme des rythmes scolaires. Dans le même temps les diplômes nationaux sont remis en cause, les contenus des enseignements sont revus à la baisse. La loi Peillon dite de refondation de l’école s’applique. Le
président de la république s’en félicite et annonce la suite.
Toutes ces mesures sont des mesures RGPP, aujourd’hui des mesures MAP.
Les universités sont en faillite, l’éducation prioritaire est démantelée, et la ministre érige en principe que l’allocation des moyens aux établissements sera inégalitaire ; cela s’accompagne de la remise en cause des garanties statutaires et aussi de la contrainte faite aux organisations syndicales de s’inscrire dans le cadre du dialogue social pour appliquer la politique du gouvernement.
Le président de la République a ensuite fait deux excellentes citations : une de Jules Ferry rappelant que la mission de l’école est de transmettre les savoirs et une de Jean Zay, le ministre du front populaire indiquant que l’école doit être l’ « asile inviolable où ne pénètrent pas les querelles des hommes ».
Sans doute s’agissait-il pour lui de corriger les propos de la ministre Najat Vallaud Belkacem indiquant que l’école avait sa part de responsabilité dans la situation révélée par les attentats. Cela nous rappelle les propos d’un funeste maréchal disant en 1940 que la défaite « c’est la faute aux instituteurs ».
Et ensuite la ministre décide qu’il faut enseigner le fait religieux à l’école, elle institue un « enseignement moral et civique », elle propose de créer « une réserve citoyenne » pour aider les enseignants à défendre les valeurs de la république, réserve citoyenne composée pêle-mêle des collectivités territoriales, des entreprises, des représentants des cultes, les curés, les imans et les rabbins, et des représentants des associations. La laïcité ce n’est pas ça. La laïcité c’est le respect de la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’Etat, la laïcité ce n’est pas toutes les religions à l’école, c’est aucune religion à l’école.
En réalité, l’école c’est le coeur de cible de la politique de rigueur et d’austérité pour substituer les compétences aux qualifications, pour substituer les certificats de compétence aux diplômes nationaux, pour imposer l’école des territoires en lieu et place de l’école de la république, pour généraliser le communautarisme contre la république une et indivisible.
Les personnels n’en veulent plus. Ils ne supportent plus ces mystifications. Il s n’acceptent plus que leurs revendications soient dissoutes dans un débat sociétal de promotion de la communauté éducative.
Ils veulent des salaires corrects, ils veulent défendre leurs garanties statutaires, ils veulent des postes et moyens, ils veulent un cadre national pour le fonctionnement de l’école.
Ils veulent une action déterminée pour faire valoir ces exigences.

Aujourd’hui même la FSU a appelé à une grève de diversion caractérisée par un responsable de la FSU comme une « initiative lamentable » contre l’aspiration des personnels à une action interprofessionnelle pour mettre en échec l’austérité. 8% des personnels ont fait grève.
C’est ce mandat, le mandat de la résistance, que les personnels nous ont donné lors des récentes élections professionnelles. Ni accompagnement des mesures gouvernementales, ni dissolution de l’organisation syndicale dans la « communauté syndicale » béquille de la communauté éducative.
Indépendants sur les revendications, indépendants de la communauté syndicale, indépendants du ministère et du gouvernement, nous avons exprimé les revendications des personnels et ils nous ont donné mandat.
Nous avons besoin de la confédération, nous sommes fédérés et confédérés.
La défense de l’école publique, de l’école de la république est une chose trop importante pour que sa défense soit assurée par les seuls enseignants. C’est une conquête de la classe ouvrière. C’est notre bien commun.
Nous avons besoin de la fédération des fonctionnaires FO, pour la défense du statut général de
la fonction publique sans lequel nos statuts particuliers seraient vides de tout contenu.


Oui nous sommes au pied du mur. L’école c’est la santé, la santé c’est la sécu, c’est la défense des statuts, c’est la défense du code du travail, c’est la défense des qualifications.
Si la politique de rigueur et d’austérité se poursuit, ils nous prendront tout. Ils ne nous laisseront rien. N’ayons aucune illusion à ce sujet, c’est leur programme.
N’ayons aucune crainte, les salariés ont la force, les salariés ont la capacité, nous avons la force, nous avons la capacité.
Pour commencer décidons cette semaine, dans ce congrès confédéral de la grève interprofessionnelle, proposons l’action commune aux autres organisations syndicales et donnons la parole aux salariés.


Vive la cgt-Force Ouvrière !