>
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Syndiquez-vous au SNUDI-FO !

C’est le premier des droits, Celui qui permet de défendre tous les autres !

cliquer ici pour adhérer en ligne

 

 

cliquer ici pour imprimer un bulletin d'adhésion

Publié par SNUDI FO 95

Au moment où sont convoquées les Assises locales de « mobilisation de l’Ecole et de ses partenaires pour les valeurs de la République », il nous parait utile de publier un argumentaire expliquant le contenu exact de ce nouvel enseignement : l’enseignement moral et civique (EMC).
L’EMC est, en fait, la première déclinaison pratique des principes contenus dans le Socle de connaissance, de compétence et de culture (Décret n° 2015-372 du 31 mars 2015). L’EMC qui ne présente aucun caractère disciplinaire n’est donc pas un enseignement. Il s’inscrit totalement dans le cadre des compétences contre les connaissances et les qualifications.

L’EMC : un pur produit de la loi de Refondation.
Force Ouvrière s’est prononcée dès l’origine contre la réforme dite de Refondation de l’Ecole car elle lui paraissait remettre en cause, au nom des politiques d’austérité imposées au pays, non seulement l’organisation, les contenus, la qualité de l’enseignement mais encore le statut des personnels de l’Education nationale.

Les textes examinés au CSE du 10 avril 2015 confirment cette analyse.

[...]

L’EMC : première mise en oeuvre du socle de compétence.
Force Ouvrière est opposé à cet « enseignement ». L’Ecole est le lieu du savoir, elle transmet de
connaissances, elle développe la culture des élèves et leur capacité à raisonner. C’est en cela qu’elle est un formidable moyen d’émancipation. Elle offre aux publics qu’elle scolarise la possibilité de se libérer de leurs préjugés, de prendre un certain recul par rapport à leurs émotions, elle leur donne les outils pour construire leur propre pensée. L’EMC tourne le dos à cette démarche intellectuelle.
Même si elle invoque « l’autonomie », « l’exercice du jugement critique », elle pose dans les faits pour principe que l’élève doit se conformer à un modèle idéologique jugé a priori indépassable et non contestable, tantôt appelé « valeurs de la République », tantôt « morale laïque », et qui bien souvent se contente rependre la doxa du moment.

[...]

L’EMC : Un nouveau désengagement de l’Etat et un pas supplémentaire dans la territorialisation.
Force Ouvrière constate ensuite que la mise en place de l’enseignement moral et civique donne à l’Etat une nouvelle occasion de se désengager des missions que la nation lui a pourtant confiées.

[...]

Les annexes aux projets d’arrêtés signalent que le « partenariat » est une démarche que l’EMC doit privilégier. Quels seront les partenaires ?
Le 22 janvier 2015, le gouvernement n’a pas caché que dans « la grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République », il entend faire intervenir dans les classes « les partenaires éducatifs agréés du ministère, des professionnels des médias, des associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et des organisations de jeunesse et d’éducation populaire » « pour lutter contre les dérives du relativisme, de la rumeur et de l’obscurantisme dans le cadre d’interventions auprès des jeunes. »

Autant dire que le service public serait ainsi livré aux différents intérêts et groupes de pression locaux contre lesquels l’Ecole de la République s’était construite. Pour Force Ouvrière ce n’est pas admissible. Cela représente une nouvelle atteinte au principe de neutralité et de laïcité, après celles auxquelles a donné lieu la mise en place d’activités péri-éducatives lors de la réforme des rythmes scolaires du premier degré.

Le projet présenté réalise notamment le tour de force d’aborder la question de la laïcité sans même faire référence à la loi de 1905. Pour FO la laïcité ce ne sont pas des valeurs à débattre mais une loi à respecter, celle de 1905.

 

L’EMC un outil de remise en cause de la liberté pédagogique et de déréglementation


Pour toutes ces raisons et au lendemain de la grève interprofessionnelle et des manifestations massivement suivies contre les politiques d’austérité, la loi Macron et la réforme territoriale, Force Ouvrière a voté contre les projets d’arrêtés sur l’Enseignement Moral et Civique lors du Conseil Supérieur de l’Education du 10 avril 2015.
Vote sur le programme EMC à l’école et au collège :
9 Pour : FCPE
19 Contre dont FO - CGT - SNES - SUD - SNALC -
CFDT
12 Abst : UNSA
9 NPPV : SNUipp - SNUEP
Vote sur le programme EMC au Lycée :
20 Pour dont SNALC - UNSA - FCPE
26 Contre dont FO - FSU - SUD
2 Abst : CGT
0 NPPV: /